Voir Jésus, ou la jubilation de Jean

Voir Jésus, ou la jubilation de Jean

1 Jean 1.1-4

Lorsque la réalité devient Histoire.

Lors d’un voyage à Berlin, j’ai pris conscience que cette ville avait imprégné notre histoire par trois guerres, la montée du nazisme, la partition de l’Europe, le mur et sa démolition si incroyable, etc. Pour les personnes âgées, ces événements font partie de leur patrimoine ; pour les plus jeunes, c’est de l’histoire. Pour Jean, la rencontre avec Jésus était de son vécu, pour nous  c’est de l’histoire.

1 Jean 1.1-4

L’auteur ne se présente pas. Comme le texte a de nombreux rapports avec l’évangile de Jean et un peu avec l’Apocalypse, il a été assimilé à Jean.

« Ce qui était au commencement »

Trois commencements possibles :

  • la première rencontre de Jean avec Jésus ;
  •  « … Dieu créa… » (Gn 1,1) ;
  • « …était la Parole … » (Jn 1,1 ).

Commencement se traduit aussi par « principe, essence, à la base, ce qui fait le fondement ». Ici, le commencement, c’est la parole de vie (logos), qui est à la base de tout.

Vu, contemplé, touché, entendu

C’est incroyable, Jean témoigne de son vécu avec le Dieu qui ne peut être vu et qui s’est manifesté en Jésus. Il veut le transmettre aux générations qui viennent. La révélation de Dieu n’est ni une hypothèse, ni une prophétie, ni un discours, ni une philosophie, elle est une réalité concrète en Jésus. C’est ici que la réalité est devenue Histoire. Il veut aussi lutter contre de fausses doctrines.

Jean passe du « je » au « nous », pour montrer qu’il ne fabule pas, il y a d’autres témoins qui sont nécessaires pour certifier un événement (Mt 18.16).

Le but de Jean

Il veut nous faire partager sa réalité, afin que l’Histoire devienne notre réalité ; que nous sachions que Jésus est la vie ; que nous soyons en communion avec ceux qui nous ont précédés, entre nous et avec le Père et son Fils Jésus-Christ ; que notre joie soit complète.

Il lutte aussi contre les hérésies naissantes dont le gnosticisme.

Le gnosticisme

Pour eux, la matière est mauvaise et ne peut donc venir d’un Dieu créateur bon. Il y a une sorte de dieu malfaisant, Yahvé, le dieu de l’ancien testament, qui a fait la matière, méprisable. Le corps est donc méprisable et donne deux approches : l’ascétisme (mépris du mariage et de la procréation) et le libertinage (le corps n’a aucune importance, on peut faire ce que l’on veut).

Sur le plan de la foi : l’Incarnation (Dieu venu en chair en Jésus-Christ) est impossible. Jésus a sans doute été habité par le Christ durant sa vie rapportée par les Evangiles, mais s’est retiré de lui sur la croix, laissant mourir un homme comme un autre. Le Dieu « bon » est plus ou moins inaccessible. Le message du NT, l’Evangile et l’œuvre  de Jésus-Christ sont donc des illusions à rejeter.

Un exemple récent :

La théorie du genre révèle son origine gnostique. L’ennemi, d’après la gnose, ce n’est pas le sexe en soi, mais bien le sexe dans son aspect procréatif, parce que faire naître des enfants signifie contribuer à l’œuvre créatrice du dieu mauvais.Un prêtre

Dans les siècles qui suivirent l’apôtre Jean il y eut des ramifications avec différentes tendances dont l’islam.

Conclusion

Devant les courants divers, il est important de bâtir notre foi non sur des hypothèses mais sur les réalités que nous transmet la Parole de Dieu, venue de Dieu et manifestées pour nous. Pour chacun, en Jésus, un recommencement est possible.

Questions

  • Comment est-ce que je comprends ce passage du vécu à l’histoire ?
  • En quoi l’histoire peut-elle devenir vie pour moi ?
  • Dans le monde actuel, comment me situer face aux différents courants ?

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