Un évangile à défendre et à intégrer

Un évangile à défendre et à intégrer

Actes 25 et 26

Introduction

Après avoir été arrêté, Paul s’exprime devant le peuple juif, puis devant le sanhédrin, puis devant le gouverneur romain.

1. La défense de l’Evangile face aux autorités.

Si une autorité du christianisme est en accusation, c’est pour plaire à quelqu’un avant tout et pas pour un motif propre au droit romain. Dans (Ac 3-5), on a une agitation au temple, suivie d’un discours au peuple puis de la comparution devant les autorités juives qui doivent reconnaître qu’elles n’ont aucun motif valable d’accuser Pierre et Jean. Nous trouvons le même scénario en (Ac 21-26). Par-là, Luc nous montre que la foi chrétienne n’est pas synonyme de culpabilité devant les autorités et que les accusations sont infondées. Quand Paul se défend, ce n’est pas que sa personne qu’il défend, c’est aussi l’Evangile. C’est pourquoi il affirme n’avoir commis aucune faute, (Ac 25.8), il refuse un jugement arbitraire, (Ac 25.10-11), il revendique son droit de citoyen romain. Il veut montrer que l’Evangile n’est pas ennemi de l’Empire, qu’il n’est pas une source de danger. Outre l’occasion fournie à Paul d’annoncer l’Evangile dans les deux systèmes de pensée que représentent la Jérusalem terrestre et Rome, son attitude face à ces autorités a valeur d’exemple : elle montre qu’il est légitime et pas antispirituel de chercher à profiter des protections possibles auprès de l’autorité. En revanche, il se dit prêt à subir la sanction qu’un comportement véritablement fautif de sa part impliquerait, (Ac 25.11). Il peut dire cela parce qu’il est vraiment innocent et n’a rien à cacher.

2. Le contenu de l’Evangile défendu face aux autorités

Paul propose une défense de l’Evangile dans laquelle il ne se contente pas d’affirmer le caractère non nocif de ce message et de sa propre action. Il évoque plusieurs traits caractéristiques de ce message (Ac 26.4-29) : il correspond à la révélation de Dieu au fil des siècles qui s’inscrit dans une continuité avec la foi juive ; il mentionne les prophéties du Messie souffrant, (Ps 22.15-17) ; (Es 49.7 ; 50.6 ; 53, qui ressuscite, (Es 53.9-10) ; (Ps 2.7, 16.10), et annonce la lumière aux Juifs et aux non-Juifs, (Es 49.6). Cet évangile a de quoi indisposer ses auditeurs Juifs et non- Juifs. Les Juifs sont juste tolérés par les Romains, et les non-Juifs sont perçus par les Juifs comme une cause de souillure. Comment peut-on envisager de les unir dans la réception d’un message ? Si le salut est réservé aux Juifs, une grande partie de l’humanité, et donc une grande partie de la communauté que nous formons, est condamnée à l’errance loin de Dieu et à la perdition.

3. Les/Mes réactions face à l’Evangile

On trouve plusieurs auditeurs de l’Evangile dans ce passage : les Juifs, Festus, Agrippa, Paul. Chacun a une réaction différente. Ils peuvent illustrer les réactions que nous rencontrons lorsque nous annonçons la bonne nouvelle de Jésus, mais aussi celles que nous pouvons nous-mêmes avoir face au message biblique.

Les Juifs. Certains croient. Ceux qui ne croient pas ont une attitude négative au début, ils ont une attitude négative à la fin du livre. Ils refusent de voir le privilège de l’alliance avec Dieu étendu à d’autres. Ils sont mus par la jalousie. Ils se renferment sur eux-mêmes. Ils sont animés par le désir de nuire.

Paul. Il montre que l’Evangile est vraiment pour tous puisqu’il était persécuteur et hyper religieux, et qu’il est devenu apôtre et a annoncé l’évangile aux Juifs et aux non-Juifs.

Festus. Il ne peut pas approuver l’évangile, peut-être pour des motifs intellectuels, peut-être parce que cela aurait trop d’implications dans sa propre vie. Il préfère tenir ce message à distance et le discréditer pour qu’il ne puisse pas venir le perturber

Agrippa. Refuse de répondre honnêtement à une question directe de Paul. Il pratique l’art de l’esquive pour éviter de devoir se positionner. Il privilégie peut-être ses fonctions.

Questions

  • Quel est le Dieu auquel je crois ? Est-ce qu’il correspond vraiment à la révélation que toute la Bible donne de lui ?
  • Dans quelle mesure ce que je crois a-t-il un impact sur ma manière de vivre et sur ma vision des autres et du monde ?
  • Est-ce que je suis capable d’identifier les éléments essentiels de la foi chrétienne, ceux auxquels je ne peux pas et ne devrais pas renoncer, quel qu’en soit le prix, et de les distinguer de ceux qui sont secondaires, à propos desquels les opinions peuvent diverger ?

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