Le retour de Jésus

Le retour de Jésus

Eschatologie

Le Nouveau Testament annonce « l’Avènement » ou « Parousie » du Seigneur Jésus-Christ (ή παρουσια / hé parousia). Ce mot, emprunté au vocabulaire grec désigne « la venue solennelle et joyeuse d’un illustre personnage ».

1. Retour de Jésus

1.1  La Parousie, au cœur de l’espérance chrétienne

La Bonne Nouvelle du Retour de Jésus proclame la souveraineté de Dieu. A tous ceux qui s’interrogent face au développement du mal, elle leur dit : le mal prendra fin. A ceux qui se découragent, elle leur dit : persévère, tu es sur le bon chemin, l’avenir te donnera raison.

L’espérance chrétienne consiste à voir ce qui est invisible à l’œil naturel. Lorsque notre œil est éclairé par l’amour de Dieu et la dynamique de la foi, nous pouvons voir ce qui est naturellement invisible. « Nous ne voyons pas encore… et pourtant nous voyons », dit l’épître aux Hébreux Hé 2.8-9. Que voyons-nous ? Nous voyons que la vie, notre vie n’est pas livrée au néant, au non-sens. Elle n’est pas abandonnée à nos passions humaines, aux passions des peuples, à la folie de tyrans. L’histoire n’est pas cyclique. Elle n’est pas une répétition perpétuelle comme on le croyait dans l’Antiquité. Elle a eu un début, elle a un temps présent, elle aura une fin, un accomplissement, un point final. Notre société est marquée par le mal et ses passions, vient le jour où Dieu reprendra ses pleins pouvoirs sur l’humanité. Alors la mort et le mal ne seront plus.

La terre, nous dit l’apôtre Paul, vit les douleurs de l’enfantement. Ces douleurs nous les ressentons tous les jours, personnellement ou au travers des événements dramatiques que certains médias semblent se délecter à nous présenter. Ce long et douloureux enfantement prendra fin un jour. L’espérance affirme que notre royaume n’est pas de ce monde, mais il nous attend dans les cieux. Pèlerin et voyageurs sur la terre, nous savons que notre vie nous est simplement prêtée. Elle est temporaire, tel un cadeau précieux dont nous devons prendre soin.

L’espérance prend de belles images : pèlerins sur terre et sur mer. Notre barque est souvent ballottée par les flots, mais le Seigneur est dans la barque pour la faire passer sur l’autre rive, là où nous attend une terre de liberté. Pèlerins dans des déserts, mais le Seigneur a pris la tête de son peuple pour le faire passer au-delà du désert, dans le pays promis. L’espérance d’un avenir prometteur nous invite à redresser nos têtes (Lc 21.28).  Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. Notre avenir n’est pas dans une quelconque religion. Notre avenir c’est quelqu’un…. Quelqu’un qui nous attend, car Dieu n’a pas voulu vivre l’éternité sans nous. Désormais un passage nous est ouvert, une percée est faite, une issue existe. Par sa mort et sa résurrection, par la promesse de son retour, Jésus ouvre une brèche dans la réalité de nos existences.  L’avenir a déjà commencé. L’espérance est une attitude, une disposition du cœur par laquelle je laisse Dieu inscrire au cœur de mon existence sa présence et les attributs de son Royaume. L’espérance ne concerne pas seulement l’avenir, elle habite notre quotidien. J’espère en un royaume de justice et de paix ; si je vis dans la justice et la paix cette espérance se réalise… partiellement.

Jésus-Christ est l’origine de l’histoire dès la création du monde (tout a été créé en lui, par lui et pour lui). Jésus est la fin de l’histoire… Jésus est au cœur de mon présent – Jésus est la récapitulation de l’histoire, de mon histoire.

1.2 Quelques images du N.T. pour parler du retour de Jésus (Ac 1.11)

Le temps du retour de Jésus est fixé par Dieu dans sa Toute-puissance (Ac 1.7 ; Mt 24.36 ; Mc 13.32 ;  Ac 17.30-31 ;  2Pi 3.9) ; Il arrivera comme un voleur (1Th 5.12 ; 2Pi 3.10) ; Il arrivera au son de la trompette de Dieu… (1Th 4.16). Il y aura des guerres et des bruits de guerre (Mt 24.6-7) ; L’humanité connaîtra une grande détresse… abrégée (Mt 24.21) ; Le mal se développera : (Mt 24.11-12) ; Jésus arrivera sur le Mont des Oliviers (Za 14.4) ; Jésus viendra dans la gloire de son Père (Mt 16.27, Mt 25.31, Ap 11.17) ; Conséquence : Le mal ne sera plus (Ap 21.4) ; Jésus viendra d’une façon visible pour toute l’humanité (Ap 1.7) ; Sa venue est liée à la proclamation de l’Évangile à toute la terre habitée (Mt 24.14). Ces événements nous sont indiqués pour comprendre que notre temps est la dernière époque du temps de l’histoire du salut. Ils jalonnent cette période qualifiée d’accomplissement entre la Résurrection du Christ et son retour en gloire.

1.3 Le retour de Jésus est un appel à la vigilance : veillez.

Veiller, un mot chargé de tendresse et d’engagement de toute notre personne. C’est le geste de la mère qui prend soin de son enfant fiévreux. Ne pas se laisser envahir par le lent engourdissement qui paralyse les réflexes d’attention. Ne pas se laisser séduire par les discours qui déforment les vraies raisons de vivre. Ne pas se laisser atteindre par les discours qui banalisent le sérieux de l’existence. Dénoncer les marchands d’illusions qui nous endorment et nous envoûtent par leurs idéologies séculières matérialistes. Ne pas se laisser gagner par la peur. Ne pas laisser la nuit et la longueur de l’attente ronger notre espérance. Gardez vos lampes allumées ; tenir notre foi et notre amour en éveil, faire savoir que la nuit ne l’emportera pas avec ses ruses de mort. Veiller en restant attaché au cep afin de « demeurer en Christ », 1Th 5.1-11 – Jn 15.

2.  Retour de Jésus et discernement

A l’heure actuelle, dans tous les milieux on assiste à une impressionnante effervescence messianique. Monde catholique : Un livre intitulé « La prophétie des Papes », écrit en1590 par un moine bénédictin, mais dont les prédictions sont attribuées à St Malachie, un évêque irlandais du XIIe siècle, annonce que François est le dernier des papes de l’Église catholique. Il connaîtra des événements catastrophiques, dont la destruction de Rome et le jugement dernier.  Monde musulman : La venue du Mahdî. « Al-Mahdî » est un titre qui signifie « le bien-guidé ». Il sera de la descendance du Prophète par sa fille Fâtima. Des hadiths précisent que sa souveraineté durera environ 7 ans. Ces années précèderont l’apparition d' »ad-Dajjâl », le fourbe, l’imposteur. Après quoi Dieu-Allah suscitera la venue de Jésus fils de Marie. Parmi les nombreux signes qui annoncent la venue de « Al-Mahadi » on cite la fissuration de la lune « L’Heure approche et la Lune s’est fendue ». (Sourate Al-Qamar .1) comprise comme la « conquête de la lune » du 20 juillet 1969. L’assaut de la KA’BA du 21 novembre 1979 est un autre de ces signes. Le Coran affirme que « Il (le retour de Jésus) sera un signe au sujet de l’Heure. N’en doutez point. » (Sourate 43, verset 61). Un hadith attribue à Mahomet cette affirmation : « Je jure par Allâh, « Issa Ibn Maryam [Jésus, fils de Marie] descendra jugeant (l’humanité) avec la justice » ». (Al-Bukhari n°2222).  Monde Juif : dans le calendrier hébraïque, l’année 2014 est une année sabbatique, une année de Shemitah. Certains considèrent que 2015 est une année du jubilé. Dans une conférence vidéo du 21 juin 2015, le rabbin Rav Ron CHAYA donne la prédiction que le Messie « Machia’h » arrivera en septembre 2015. Il justifie cette prédiction en s’appuyant sur une tradition orale fondée sur des affirmations du Gaon de Vilnus disant que lorsque les Russes conquerront la Crimée, « Machia’h » sera proche ; lorsque les bateaux de guerres russes traverseront le Bosphore, Israël pourra revêtir ses habits de fête pour accueillir « Machia’h ».

Monde évangélique : Dans le milieu évangélique, un auteur canadien-français a entrepris une vaste étude dont les résultats lui permettent d’affirmer que l’enlèvement de l’Église et le retour de Jésus-Christ auront lieu les 13 ou 14 septembre 2015, lors de la fête de Roch Hachana. Je récuse ces prédictions pour les raisons bibliques et théologiques suivantes :

2.1.  Raisons bibliques

1°) Une lecture approfondie du texte biblique. Le N.T. parle beaucoup plus de « l’arrivée » de Jésus que de son « retour » (Ap 22.20). Dire que « Jésus vient », est bien plus riche que de dire qu’il « revient ». Quand la Bible dit que « JÉSUS VIENT », elle nous dit trois vérités :

  • Jésus vient en personne. Il vient comme le Ressuscité. Jésus est toujours en train de venir, de survenir, d’advenir… (Mt 18:20). Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. Voir aussi : Jean 20:19, 24 – Mt 28.20.
  • Jésus vient par le Saint-Esprit, le Consolateur (Jn 14.16, 26 ; Jn 15,26 ; 16.7, 13).
  • Jésus vient à la fin des temps (Ap 22. 7, 12, 17, 20).

2°) Quel discernement ? Mc 4.9 ; Luc 11.29-30 ; Mt 16.1-4, Ac 1.6 ; Es 47.12-15

Il nous est demandé d’avoir du discernement… mais justement pas à la manière des astrologues, des astronomes ou des astrophysiciens. Le discernement des disciples n’est pas celui des astrologues. Jamais il n’est exigé des chrétiens un travail de décryptage des symboles eschatologiques. Il nous est demandé d’avoir des oreilles pour entendre ce que l’Esprit nous dit concernant notre témoignage et notre agir chrétien (Es 47.13). Tu t’es épuisée à force de consultations, qu’ils se présentent donc et te sauvent ceux qui détaillent le ciel, qui observent les étoiles, qui annoncent chaque mois ce qui va fondre sur toi.

3°) Ne vous laissez pas troubler dans votre bon sens. Toutes les constructions argumentaires qu’on nous présente contiennent des éléments farfelus (2Th 2.1-3).

4°) Si on vous dit, il est ici, il est là, n’y allez pas. Le lieu de la présence du Christ n’est pas un lieu géographique, il est au cœur de notre existence (Lc 17.22-30).

5°) Nous ne savons ni le jour, ni l’heure. Notre ignorance ne résulte pas d’une quelconque déficience à laquelle nous devrions remédier. Elle est constitutive de notre statut de disciple qui vit sa relation avec son Maître dans une paisible confiance (Mt 24:36 , Mt 25.13).

2.2.  Raisons théologiques

1°) Ce type de spéculation développe un rapport malsain à la Bible. La Bible devient un livre de mystères, de secrets et de codes à déchiffrer et non plus le livre qui nous révèle le plan de salut de Dieu. Lorsque le visionnaire de l’Apocalypse parle d’un livre cacheté, il a soin de préciser que c’est Jésus seul qui est habilité à en ouvrir les sceaux (Ap 5.1, 9). Concernant l’ensemble de l’ouvrage, il est précisé que le lecteur ne doit pas considérer l’Apocalypse comme un livre scellé (Ap 22.10). Le message principal du livre est clair : le Seigneur prendra possession de son Royaume, la mort ne sera plus, il y aura un nouveau ciel, une nouvelle terre, etc. Et pourtant des mystères demeurent. Certaines paroles restent scellées (Ap 10.4, Dn 12.4).

2°) Dès que l’on a construit un scénario interprétatif, un modèle historique prospectif, on quitte l’attitude d’écoute, on quitte l’éveil, on développe une attitude de connaissance spéculative. Tous ces signes sont un appel à veiller davantage et non pas à spéculer. Rester éveillé nous interdit toute forme de spéculation.

3°) Au moment où le signe devient plus important que le donneur de signe, on fait fausse route. Le signe c’est le doigt de celui qui montre quelque chose ou quelqu’un. Vous connaissez le proverbe : Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. Au moment où on pense avoir trouvé l’explication des symboles de la Bible, celle-ci ne parle plus, elle ne questionne plus. Au moment où un événement est prévisible il n’interpelle plus. Le signe indique Jésus. C’est lui seul qui doit être considéré et écouté.

4°) L’avenir est entre les mains de Dieu… L’avenir c’est Dieu. Souvent, on a tendance à penser que l’eschatologie est une histoire anticipée. Elle chercherait à décrypter les événements qui vont arriver au ciel et sur la terre. Comme si l’histoire était un phénomène objectif, autonome. Comme si elle avait sa logique, son existence propre, une logique que la Bible nous révèlerait si nous possédions la bonne clé. Cette conception détache l’eschatologie de Dieu. Comme s’il y avait d’un côté Dieu et de l’autre l’histoire future déjà inscrite quelque part et que seule la myopie humaine empêche de connaître. Cette dissociation est fautive. L’eschatologie, c’est Dieu. Il n’y a pas d’un côté Dieu et d’un autre l’histoire qu’il aurait programmée. Dieu reste le maître de l’histoire. Le futur vers lequel se tourne toute l’attente de l’eschatologie chrétienne, n’est rien d’autre que Dieu lui-même.

Certes le Christ peut revenir en septembre. Ce serait une excellente nouvelle. Mais je n’ai pas à la justifier, à militer pour la faire connaître, ni à me laisser influencer par elle. Je vais continuer à vaquer à mes occupations et à réaliser mes projets tout en développant une attitude de consécration et d’ouverture à Dieu. On attribue à Luther cette parole : « Si le Christ revenait demain, je planterais un arbre aujourd’hui ».

 2.3.  En guise de conclusion…

Apprendre à aimer et servir Jésus-Christ et non pas aimer et servir l’eschatologie. C’est ce qui est demandé à Daniel. Après lui avoir révélé de magistrales prophéties, le Seigneur l’exhorte à vivre fidèlement sa foi dans le quotidien de son existence (Da 12.13, 1Jn 2.28).

Pour illustrer ce message, je vous recommande d’écouter le chant intitulé : « Le Seigneur reviendra » de l’Abbé Aimé DUVAL :

Questions :

  • Que feriez-vous si vous saviez que Jésus va revenir le 15 septembre 2015 ?
  • En quoi la recherche de la date du retour de Jésus est-elle pernicieuse ?
  • Quelle est la juste attitude de celui qui attend le retour de Jésus ?
  • En quoi l’attente du retour de Jésus influence-t-elle mon quotidien ?

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