La grâce et ses exigences

La grâce et ses exigences

Résumé de l’atelier biblique du 15 mars 2018

Animateur : Jean Villard

Texte : Galates 2.11 ; Galates 3.5

Introduction

Dans notre texte apparaît un conflit entre deux apôtres. Comment est-ce possible ? Qu’est-ce que cela signifie ?

C’est de Christ lui-même que Paul a reçu directement la révélation de la bonne nouvelle. Mais ensuite, il a recherché et obtenu la communion avec les apôtres et l’Eglise de Jérusalem ; et les tâches ont été réparties, sans exclusive : Jacques, Pierre et Jean évangéliseraient les Juifs ; Paul, les non-Juifs.

Pierre a fait une expérience décisive (Ac 10-11) : il a été stupéfait de voir l’Esprit saint se déverser sur des païens ; il les baptise et vit avec eux quelques jours. Les chrétiens judéens sont scandalisés : « Tu es entré chez des incirconcis et tu as mangé avec eux ! » Puis ils reconnaissent que des païens aussi peuvent se convertir et recevoir la Vie ; mais apparemment ils imaginent qu’il y a deux Eglises séparées.

L’Eglise d’Antioche a été d’abord recrutée parmi des Juifs, par des chrétiens judéens fuyant Jérusalem ; puis parmi des païens, par des chrétiens de Chypre et de Cyrène. Ensuite Barnabas y est envoyé ; enfin il fait venir Paul de Tarse. L’Eglise connaît une croissance remarquable (Ac 11.19-26). Pierre va visiter cette Eglise, qui unit parfaitement des croyants d’origine juive et d’origine païenne, et il vit d’abord en pleine communion avec tous. Mais, en (Ga 2.11) et suivants, on voit que Pierre, ensuite, a évité de manger avec les non-Juifs.

Commentaires

Pourquoi Pierre a-t-il agi ainsi ? Des judéens « de chez Jacques » sont arrivés : c’était avant le synode de Jérusalem (Ac 15), qui précisera (v.24) : non mandatés. Ces gens pensent qu’il faut séparer 2 Eglises. Pierre veut éviter une controverse ; apparemment il trouve que ce n’est pas si grave de prendre momentanément ses distances avec les païens convertis. – Au v.15, Paul parle le langage de l’ancienne alliance, mais remarque aussitôt qu’il y a du nouveau. Ce qu’il explique ensuite (v.16-21), en opposant deux systèmes :
A. Loi – œuvres – séparation entre Juifs et autres nations – désobéissance punie de mort.
B. Grâce, don du Christ – union avec Lui – crucifixion avec Lui – vie du Christ en moi – union avec tous les croyants. Pierre, Paul et tous les Juifs chrétiens cherchent leur justification dans l’union au Christ. Ils ont abandonné la Loi comme moyen de justification. Ils se trouvent donc dans la même catégorie que les païens, « pécheurs » Mais cela ne rend pas Christ serviteur du péché ! Au contraire : si un chrétien juif rebâtissait le régime de la Loi (« les choses détruites »), alors il serait transgresseur, par sa désobéissance (v.16-17). Mais (v.19), Christ est « mort à la Loi », portant la condamnation qu’elle produit, et je suis mort à la Loi grâce à l’union avec Lui.
Ces systèmes sont antagonistes, l’un détruit l’autre (v.21).

En (Ga 3.1-5), la stupidité des Galates est mise en évidence : ils avaient connu d’abord l’union au Christ crucifié, l’effusion de l’Esprit, ses fruits et ses dons (même des miracles) ; mais ils ont ensuite écouté des prédicateurs judéens et ont voulu se soumettre à la Loi, ce qui est « charnel » : c’est-à-dire la tendance à se justifier par des moyens humains. N.B. L’opposition Esprit – chair n’est pas l’opposition : immatériel – matériel, mais l’opposition : action de Dieu – réalité purement humaine.

Conclusion  : La Grâce est donnée, il n’y a rien à payer. Elle comporte pourtant des exigences : non des conditions préalables, mais des conséquences. Si l’on rejette ces conséquences, on rejette la grâce (Ga 2.21) !
2 exigences apparaissent ici (il y en a d’autres ailleurs) :

  • la pleine communion avec tous les croyants,
  • le renoncement à toute tentative de se justifier, de se faire valoir, de mériter quelque chose.

Questions

  • Vous-même, avez-vous accepté pleinement la Grâce, en renonçant à toute idée de mérite ? Etait-ce facile ?
  • Etes-vous en pleine communion avec tous les chrétiens ? Pensez aussi à (Mt 6.14-15).
  • Que signifie pour vous : « C’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2.20) ?

Dialogue

  1. Réalisant que je ne suis rien, je saisis immédiatement la Grâce comme seul moyen, absolument gratuit, d’être sauvé. Mais ensuite l’idée du mérite pointe quand je condamne les autres (me sentant supérieur) ou quand je me condamne moi-même (me mesurant à un idéal méritoire). La grâce est un combat de tous les jours. – Il est parfois difficile d’admettre que Jésus ait payé un prix pareil pour nous faire grâce. – On s’est demandé aussi comment parler de la Grâce aux non-chrétiens, et il y a eu un témoignage remarquable : la Parole dite lors de funérailles a touché un musulman.
  2. Il faut résister à la tentation de me séparer des autres pour être un meilleur chrétien, avec un groupe de « purs ». – Il faut veiller à ce que tous les conflits soient réglés dans la communauté, notamment avant la Cène ; accorder le pardon à tout homme qui reconnaît ses torts ; et s’il ne les reconnaît pas, faire appel à la justice de Dieu et renoncer à toute hostilité ou rancœur. Demander pardon, cela nous libère, nous soulage. Il ne faut pas se sentir diminué.
  3. C’est Dieu qui, dès que j’ai accepté le salut par la foi, reconnaît que Christ vit en moi, parce qu’il m’a fait participer à sa mort et à sa résurrection. Certitude immédiate. Mais ensuite vient le long combat pour que cette vérité rayonne dans mon existence et porte ses fruits.

 

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