Atelier biblique – La prière, une puissance que Dieu nous donne : Ce que Jésus propose (Matthieu 6.5-13 ; 18.19-20)

Atelier biblique – La prière, une puissance que Dieu nous donne : Ce que Jésus propose (Matthieu 6.5-13 ; 18.19-20)

Résumé Atelier biblique

7 avril  2022

Animatrice  : Viviane André

Introduction

En Mt 5, Jésus rectifie la compréhension de la loi des spécialistes de l’époque ; elle exige une totale cohérence entre l’intérieur et l’extérieur. En Mt 6, il montre comment vivre des pratiques religieuses (aumône, prière, jeûne). Il s’adresse à des disciples qui ne sont pas des novices.

En Mt 18, Jésus parle de la vraie grandeur (dans l’humilité), des priorités de son Père (la brebis perdue), puis de la démarche à effectuer lorsqu’un autre croyant pèche contre nous.

Commentaires :

A. Matthieu 6.5-13 

6.5  Debout : la position debout était normale pour la prière, sauf quand on se prosternait pour s’humilier devant Dieu.-  Dans les synagogues : la prière y était conduite par un membre de l’assistance qui se tenait debout devant ; c’était considéré comme une distinction.- Aux coins des rues : ce n’était n’était pas habituel, mais certains le faisaient pour respecter les heures dédiées à la prière… ou s’arrangeaient pour être dehors à ce moment-là.- Pour être vus des hommes : la motivation que Jésus condamne et qui incite à de faux-semblants, à l’hypocrisie.- Ont leur récompense : le regard des hommes sur eux.

6.6 Chambre : Jésus ne condamne pas dans l’absolu la prière faite en public, mais celle qui serait pratiquée comme une performance destinée à impressionner les autres. L’essence de la prière, c’est la communion entre le disciple et son Père, ce qui se passe quand lui seul est là pour regarder.

6.7  Ne multipliez pas les paroles : chez les païens, la prière se caractérisait souvent par des invocations formelles et des incantations magiques ; la répétition correcte, voire la longueur, comptait plus que l’attitude ou l’intention de l’adorateur. Jésus met en garde contre une prière mécanique, et contre une volonté de faire pression sur Dieu pour le forcer à agir.

6.8 Votre Père : c’est quelqu’un en qui l’on peut avoir confiance, qui désire répondre aux besoins concrets des siens. Une relation intime est possible avec lui.- Sait avant que vous lui demandiez : Dieu n’a pas besoin d’être informé d’une situation par nos prières.

6.9 Voici comment : N’implique pas qu’il s’agit de répéter la prière proposée, mais de s’en inspirer comme d’un modèle. Un modèle pour des disciples, et pour les disciples en tant que groupe (pas simples individus séparés).- Cette prière apparaît sous une forme plus courte en Lc 11.2-4.

Céleste : litt. qui est dans les cieux. Rappelle que ce Dieu est le Seigneur transcendant et tout-puissant.

6.9 Que la sainteté de ton nom soit respectée : litt. que ton nom soit sanctifié. Le nom représente Dieu lui-même, tel qu’il est révélé aux humains. C’est le désir que Dieu soit vraiment honoré comme Dieu dans le monde aujourd’hui et l’aspiration (eschatologique) à voir le jour où tout le monde le reconnaîtra comme le Seigneur.

6.10 Règne : ou royaume. Les disciples sont invités à penser à une instauration progressive de ce royaume et pas seulement à attendre sa venue pour la fin des temps.- Que ta volonté soit faite : on distingue entre la volonté de décret (qui s’accomplit infailliblement) et la volonté de désir (proposition de Dieu que les hommes peuvent accepter ou rejeter).-

Ces trois demandes focalisent le regard non sur la personne qui prie, mais sur Dieu lui-même : sa gloire doit être notre premier sujet de préoccupation, avant nos besoins.-  6.11-13 Après les trois demandes centrées sur Dieu, il y a trois demandes concernant les besoins de la personne qui prie.

6.11 Donne-nous notre pain : peut couvrir l’ensemble des besoins matériels. Nous avons à reconnaître que ce n’est pas notre effort qui nous l’assure, mais Dieu qui le fournit.-  Quotidien : ou du jour ou du lendemain ou nécessaire (pour la survie) : grec epiousios, de sens incertain. Lc 11.2 précise : « Donne-nous chaque jour. » Notre dépendance envers Dieu est à exprimer et vivre consciemment à chaque moment et pas une fois pour toutes.

6.12 Pardonne-nous nos offenses : ou pardonne-nous nos fautes, litt. remets-nous nos dettes. Deuxième domaine personnel : le pardon des péchés passés.-  Comme nous pardonnons aussi : signale la prise de conscience nécessaire d’un lien entre notre relation avec Dieu et notre relation avec les autres. Nous ne pouvons pas sérieusement réclamer le pardon divin si nous le refusons à d’autres ; cela signifierait que nous n’avons pas conscience de la grandeur de ce que Dieu nous a pardonné.

Deux manuscrits parmi les plus anciens portent : « nous avons pardonné ».- Ceux qui nous ont offensés : ou ceux qui ont commis des fautes envers nous, litt. nos débiteurs.

6.13 Expose pas à : ou laisse pas céder à, litt. introduis pas dans.-  Tentation : ou épreuve ou test. Le mot grec peut avoir les trois sens, mais dans la réalité ils ne sont parfois pas très éloignés l’un de l’autre.- Du mal : ou du mauvais, terme qui peut désigner le diable.- Troisième domaine personnel : la protection contre un péché futur. Les disciples peuvent prier pour ne pas être exposés à des situations où ils sont vulnérables, mais, s’ils y sont exposés, ils peuvent prier pour ne pas être négativement impactés.- En effet… Amen : texte absent de manuscrits du 4e siècle, mais déjà présent dans un texte non biblique du 2e siècle.-  Amen : transcription d’un mot hébreu signifiant assuré ou c’est vrai, d’où il en est ainsi ou qu’il en soit ainsi.

B. Mt 18.19-20

18.19  Deux : c.-à-d. le plus petit nombre pour former un groupe.- S’accordent : litt. résonnent ensemble.-  Pour demander quoi que ce soit : ou à propos d’une demande quelconque. L’application principale concerne probablement la prière pour le croyant pécheur des v. 15-17, mais la formulation n’interdit pas nécessairement une application plus large.-  Mon Père céleste : Jésus souligne le lien spécifique entre Dieu et lui, mais aussi la grandeur de Dieu. C’est lui, le Père, qui donne l’efficacité à la prière, et pas le nombre de personnes réunies.

18.20 Sont rassemblés en : ou ont été unis à (ou en). Certains estiment qu’il faut inclure la notion de réconciliation dans cette expression.-  En mon nom : peut signifier en faisant appel à moi ou en m’ayant comme raison de leur rassemblement ou en reconnaissant mon autorité. Implique aussi une compatibilité entre les prières prononcées et celui au nom duquel elles sont prononcées.

Deux ou trois… je suis au milieu d’eux : on trouve une promesse similaire dans l’AT, faite par Dieu lui-même à son peuple (Jl 2.27 ; cf. Ex 25.8). D’après une croyance rabbinique, Dieu est présent quand deux ou trois se rassemblent afin d’étudier sa loi. Ici, la présence divine, c’est Jésus lui-même.

Questions

A. En quoi l’enseignement de Jésus peut-il corriger ma propre manière de prier aujourd’hui ?

B. Si le Père connaît déjà nos besoins, pourquoi le prier ?

C. Quel(s) défaut(s) éviter quand on prie en groupe ?

Entretien et réponse aux questions

Le secret, dans Mt 6, est celui de mon cœur plus que celui d’un lieu. – Nous souffrons aussi de prières non exaucées. – A. Certains ont passé de demandes pour des besoins ordinaires (santé, travail) à des prières pour des besoins spirituels ; enfin à des prières pour que se manifeste la gloire de Dieu. La sainteté de Dieu comporte un mystère ; il faut se la rappeler quand on s’adresse à lui et l’adorer. Nous aspirons au règne de Dieu sur les autorités et dans l’histoire. – B.  Il n’a pas besoin de nos prières, mais il aime que nous lui parlions ; en lui adressant des demandes, nous prenons conscience de notre dépendance. – C. Les répétitions ; les désaccords non résolus ; l’absence d’accord sur les sujets ; le manque d’ordre ; les longues prières ; le jugement sur la prière des autres.

Conclusion

Jésus dénonce une pratique de la prière qui serait imprégnée par l’idée d’accomplir une performance et d’impressionner les autres, ou par le désir d’obtenir une récompense (admiration de la part des autres). Il invite à une authenticité totale, où l’on est totalement honnête et préoccupé avant tout par la gloire de Dieu. La personne, les projets et la volonté de Dieu devraient être notre priorité. La prière nous place dans une attitude de soumission et de transparence. Nous devons avoir conscience que celui auquel nous nous adressons désire une relation intime, filiale, avec nous, qu’il est tout-puissant et qu’il est déjà au courant de tout. Nous avons à lui faire confiance et à nous rendre compte de notre dépendance envers lui dans tous les domaines.

Les relations avec les autres doivent également être vécues dans le cadre de la prière, avec la promesse de la présence de Christ et de l’attention que Dieu porte aux paroles émanant de chrétiens unis pour certaines demandes. Il ne s’agit pas de prier contre quelqu’un, mais pour une personne dont le comportement pose problème.

Il n’y a pas de promesse d’exaucement automatique de prières qui respecteraient tel ou tel critère du point de vue de la forme, mais une promesse de proximité, d’attention et de présence de la part de Christ. La prière n’est pas un truc pour obtenir quelque chose. La récompense divine, c’est la communion, la joie, la paix que Dieu donne dans la relation avec lui.

Dans la prière en groupe, nous n’avons pas à faire des concours de la prière la plus spirituelle ou la plus belle ni à faire passer un message aux autres par le biais de notre prière. Recherchons l’unité !

C’est Dieu qui doit être au centre des priorités, c’est sa volonté que nous avons à rechercher.

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