Dialogue avec Pierre (Matthieu 16.13-25)

Dialogue avec Pierre (Matthieu 16.13-25)

RÉSUMÉ  Atelier biblique

6 février 2020 

Animateur : Jean Villard

Introduction

Jésus étonnait les foules, en Israël, par ses miracles et son enseignement  ; et aussi par sa manière bienveillante de parler aux petites gens et à ceux (et celles  !) qui avaient mauvaise réputation. On l’admirait, plus qu’un rabbin, autant et plus que Jean-Baptiste. Celui-ci avait été mis à mort par Hérode Antipas, qui avait des remords et se demandait si Jean était ressuscité en la personne de Jésus. Des chefs religieux s’étaient opposés à Jésus  ; il a repoussé leur enseignement et mis en garde contre eux. – Maintenant, Jésus sort du territoire juif. Il emmène ses disciples pour faire retraite (près des sources du Jourdain) et leur donner une révélation capitale. Mais comment va-t-il communiquer avec eux  ?

Commentaires

  • 13-14  : «  Fils de l’homme  » signifie premièrement «  être humain  », mais en Dn 7,13-14, il désigne le Messie. – «  Elie  »  : à cause de la prophétie de Ml 3,23.
  • 16  : «  Fils de Dieu  »  : dans l’A.T., ce terme peut désigner des anges ou des Israélites fidèles  ; c’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre l’acclamation de Mt 14,33  ; mais ici Pierre reconnaît et adore l’unique personne du Christ.
  • 17  : «  Heureux  » ne signifie pas un sentiment, mais une position devant Dieu  : être approuvé, aimé de Lui. – Par opposition, «  la chair et le sang  » (locution traduite par «  une pensée humaine  », c’est l’être humain hors de la relation à Dieu, donc fragile et faillible.
  • 18  : jeu sur 2 mots grecs  : petros, c’est la pierre, avec accent sur la dureté (Pierre, Céphas en araméen)  ; petra, c’est la pierre, avec accent sur la solidité, donc le rocher. Pierre et les autres apôtres joueront le rôle de fondations de l’Eglise, selon Ep 2,20 et Ap 21,14. En un autre sens, Jésus est le rocher servant de fondation et la pierre principale de la construction (1Co 3,11  ; Ac 4,11) – fin du v.18  : l’Eglise ne périra pas. («  portes du séjour…  »  : voir Es 38,10)
  • 19  : Jésus seul contrôle l’accès au ciel  ; Pierre, par délégation divine, devient intendant de la maison de Dieu  ; il est responsable d’ouvrir aux hommes l’entrée dans le Royaume par la prédication de l’Evangile  ; Pierre sera le premier à évangéliser les païens, après les juifs.
    «  lier  » et «  délier  » signifie, dans le langage des rabbins  : interdire et autoriser, et par conséquent exclure et intégrer. Remarquer le futur antérieur («  aura été…  »)  : autorité de discerner ce qui aura déjà été lié ou délié par Dieu  ; non pouvoir arbitraire.
  • 20  : Jésus interdit de proclamer qu’il est le Messie, parce que les gens déformeraient le sens du mot Messie.
  • 21  : directement, Jésus révèle le chemin que devra suivre le Messie souffrant.
  • 22-23  : Pierre comme les autres apôtres s’attendaient à un Messie toujours victorieux, qui libérerait le pays des païens. Il ne veut pas que son maître bien aimé souffre. Il exprime des pensées humaines, mais Satan utilise ses paroles pour tenter Jésus.
  • 24-25  : on devine, à l’arrière-plan des reproches de Pierre, sa répugnance à souffrir.

Questions

  1. Comment Jésus aborde-t-il la question de son identité (et de sa destinée)  ?
  2. Qui est Jésus pour vous  ? Comment êtes-vous arrivé à cette conclusion  ?
  3. Comment devons-nous discerner ce qui est «  lié et délié  », permis et interdit  ?

Dialogue et conclusion

(A) D’abord, Jésus entre en relation avec ses disciples  ; il les fait s’exprimer  ; puis il remarque que Pierre a reçu une révélation sur son identité. Il donne alors à Pierre une identité nouvelle. Il parle ensuite franchement de sa destinée  : ce sera d’abord une descente (jusqu’au fond), mais ses disciples imaginent une destinée montante. Finalement, il les appelle à être en relation avec lui dans sa descente.
(B) Ce sont des chemins très divers qui ont conduit les participants à la révélation du Fils de Dieu.
(C) Dans d’autres passages, il est question de «  délier  » quelqu’un, c-à-d. de le délivrer.
Ne faussons pas ce que Dieu nous révèle en y mêlant nos propres pensées et sentiments.
Ne proclamons pas la vérité n’importe comment  ; essayons d’abord de comprendre ce que notre interlocuteur pense, et quel sens il donne aux mots (p.ex. père – liberté – autorité – péché).

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