Redonner un sens biblique au travail

Redonner un sens biblique au travail

Le travail est une activité spirituelle. Il est mentionné des centaines de fois dans la Bible. Il inclut toute activité humaine pour soi, pour autrui ou pour le bien commun ; bénévole ou rémunérée ; créatrice de biens ou de services économiques ou sociaux, matériels, intellectuels ou artistiques. Notre vocation d’humain inclut un appel à nous engager dans nos activités, quelles qu’elles soient, et à honorer Dieu au travers de celles-ci. En ce sens, toutes nos activités ont de la valeur et un sens aux yeux de Dieu.

Quelques rappels bibliques

le travail fait partie du projet de Dieu pour l’humanité (Gn 2.15). L’entrée du péché dans le monde a transformé la joie associée au travail en fardeau. Il l’a rendu « pénible » (Gn 3.17). Le travail a perdu sa vraie valeur : souligner la dignité de l’être humain, créé à l’image d’un Dieu actif, créatif, bienveillant et généreux. Il a subi 2 déviations :

  1. Être pris comme une fin en soi (« vivre pour travailler »).
  2. Devenir pour certains un moyen d’exploitation et d’oppression, générateur de souffrances (Ex 1.13-14 ; Jr. 22.3).

Par la rédemption, le travail redevient un triple moyen de bénédiction : pour Dieu, pour le travailleur lui-même et pour autrui. Le croyant ne travaille pas pour lui-même, mais pour Christ (Rm 14.7-8 ; 1Co 3.9 ; Ep 6.5). Nous avons à partager le fruit de notre travail avec les plus démunis (Ep 4.28 ; 1P 4.10 ; 1Th 1.3). La contrepartie nécessaire au travail est le sabbat (cessation d’activité). En lui consacrant ce jour, l’homme honore Dieu et reconnaît qu’il dépend de son Créateur, y compris dans son travail (Ep 2.10). Ce temps est une occasion de se reposer, de jouir paisiblement du fruit de son travail, de consacrer du temps aux autres (Ps 127.2). Le travail permet de recevoir un juste salaire qui offre au travailleur et à sa famille la possibilité de vivre dignement (Dt 24.14-15 ; Lev 19.13 ; 1 Ti 5.18). Il peut y développer ses dons (Ex 31.2-11) ; avoir de saines relations de groupe. Le chômage induit une réelle souffrance. Il prive l’homme de son gagne-pain, de sa dignité, de sa créativité et de son réseau social. Il suscite la peur du lendemain. L’histoire de Ruth nous montre des relations de travail particulièrement bonnes. Ruth était une étrangère mal vue en Israël. Boaz lui parle avec bonté, reconnaît son comportement irréprochable, la bénit, l’intègre, la protège, pourvoit à ses besoins, se montre généreux, etc. A la place de Ruth, nous pourrions mettre une migrante qui viendrait travailler comme nettoyeuse dans une école en Suisse. Le directeur prendrait des mesures pour que personne ne lui crée d’ennuis, pour qu’elle soit pleinement intégrée, etc. Boaz n’est pas le modèle d’un patron courant, il est celui d’un Défenseur (goël). Il est un « type » de Christ. Nous pouvons imiter l’attitude de Boaz en accueillant les réfugiés et migrants comme Boaz l’a fait avec Ruth.

La justice du Royaume des cieux

(Mt 20. 1-16). Dans cette parabole, les ouvriers qui ont travaillé la dernière heure de la journée reçoivent le même salaire que ceux qui ont travaillé toute la journée. Deux logiques salariales vont s’opposer. Ceux qui ont travaillé toute la journée reçoivent ce qui avait été convenu. Ils ont en tête un « salaire au mérite », à la journée et même « à l’heure », proportionnel au travail accompli (sa durée, sa dureté). Pour les seconds, le patron est dans une tout autre logique salariale : celle de la générosité et du salaire usuel, « nécessaire et suffisant » pour satisfaire les besoins journaliers d’une famille.

Application

Nous pouvons accorder à une femme de ménage, par exemple, un salaire au mois plutôt qu’à l’heure, afin de couvrir ses besoins même en cas d’absence. Nous devrons bientôt voter pour ou contre le revenu de base inconditionnel. Il semble être une utopie. En 1947, l’AVS paraissait être aussi une utopie. Le royaume de Dieu l’est aussi aux yeux du monde. Cette parabole nous invite à réfléchir sur la société que nous voulons.

 Questions

  • Que représente le travail pour moi ?
  • Devrions-nous être rémunérés selon nos mérites ou selon nos besoins ?
  • Quelle est ma façon de vivre le sabbat ?

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