Le pardon

Le pardon

Avec ma famille nous fréquentions une église évangélique. Lorsque nous allions au culte, tout semblait parfait mais de retour à la maison le climat changeait. Ma mère était soumise à son mari et mon père dépressif devenait violent. Nous adorions un dieu lointain, exigeant qui châtie ceux qui ne marchent pas droit. Les copains se moquaient de moi. Les filles m’avaient été décrites comme dangereuses. Je n’avais aucune idée sur la façon de les aborder. Mon père était cadre dans une fabrique. Vue de l’extérieur, nous étions une belle famille. A 17 ans je me demandais si la vie valait la peine d’être vécue. Je me suis mis à boire et à me droguer. C’est alors que le Seigneur m’a rencontré. Mon père devenait de plus en plus violent, un soir, il a tué ma mère, blessé mon frère et s’est donné la mort. Suite à ces événements, j’ai dû me reconstruire.

Se reconstruire en 4 points.

  1. Rencontre bouleversante avec Jésus. J’ai fait l’expérience de Jésus à la piscine de Béthesda, là où on parquait les malades. Sans aucune demande de Sa part, Jésus dit au malade « …lève-toi … », plus tard il lui dira « …ne pèche plus … ». Jésus présente la grâce et non des exigences. Souvent nous présentons des exigences aux personnes qui veulent se convertir plutôt que de les libérer ou les guérir au nom de Jésus. Alors que j’étais bébé dans la foi et que ma vie n’était pas en ordre, j’imposais les mains à des malades et ils étaient guéris. Plus tard Jésus m’a demandé de changer ma façon de vivre.
  2. Etre entouré. Après le drame familial, le couple pastoral m’a accueilli pendant 1 an. J’ai vécu avec une famille fonctionnelle qui avait ses tensions et ses demandes de pardon. Comme les meilleurs arbres sont ceux dont le tronc a été serré, c’est là où l’on peut se reprendre les uns les autres que la vie chrétienne est la plus solide.
  3. Le pardon. Est-ce un acte de force ou de faiblesse ? Peu de temps après le drame familial, j’allais étonnamment bien. J’ai décidé d’aller faire une école de disciples au Canada. Déjà dans l’avion des angoisses apparurent. Après une semaine dans l’école, je craquais et dû rentrer en Suisse. J’étais comme un homme courbé sous le poids d’un gros sac. Enlever ce sac nécessitait une démarche de pardon ; pour cela je me suis fait accompagner. Il a fallu faire des listes de choses à pardonner. Il y avait un combat psychologique (colère, révolte, etc.) et un combat spirituel. Satan n’aime pas le pardon. Le manque de pardon nous fait mourir alors que le pardon est libérateur, vivifiant et est courageux. Pardonner, n’est pas minimiser ou excuser les événements. Ce n’est pas non plus devenir ami avec la personne pardonnée, c’est la laisser partir… Pardonner libère de la haine, permet de renouer avec son histoire et de mettre chacun à sa juste place. C’est choisir la justice divine plutôt que la sienne.
  4. Renouer avec ses racines. Mes parents avaient coupé les ponts avec certains membres de la famille pour une différence d’interprétation d’un verset biblique. Il y avait aussi des conflits pour des questions financières liées à des héritages. Ces conflits se reproduisaient de génération en génération. Ne pas connaître son passé laisse le risque de reproduire les mêmes comportements. Mon identité est en Jésus, mais est aussi faite par mes parents. Il est bon de développer les bonnes choses héritées des parents et de se méfier des moins bonnes.

Questions

  • Comment vivez-vous avec Dieu la relation de petit enfant avec son papa ?
  • Comment acceptez-vous d’être repris par un frère/une sœur ? Quelle en est votre expérience  ?
  • Quelles sont vos expériences de pardon (donné ou reçu)  ?
  • Que veut dire, pour moi, renouer avec mes racines  ?

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