Où sont les morts en attendant ? (2 Co 4,16 – 5,10)

Où sont les morts en attendant ? (2 Co 4,16 – 5,10)

Résumé de l’atelier biblique du 19 avril 2016

Animatrice : Joëlle Druey

Introduction

Ce thème pose la question de l’état intermédiaire entre la mort et la résurrection.

Cela fait écho à nos interrogations, notamment en cas de décès d’un être cher. Le deuil était le thème d’une soirée récente destinée à ceux qui font des visites. – Mais nos concitoyens s’y intéressent peu : un récent numéro de l’Hebdo titrait qu’un quart des Suisses croient en la réincarnation.

Rappel

  • Premier atelier biblique (1 Th 4, 13-14) : Paul y parle du sort des chrétiens décédés et affirme que Dieu les ramènera et qu’avec eux, nous serons toujours avec le Seigneur.
  • Le 15 février, nous avons été enseignés sur la résurrection des corps (1 Cor. 15, 35ss).

Dans notre passage, et avant, Paul exhorte à ne pas perdre courage. Il exprime ici sa foi très forte malgré les difficultés et souffrances graves (il a failli mourir, 2 Cor 1,8-9), confiance ancrée à la fois dans la victoire de la résurrection du Christ (dans le passé) et dans la certitude de la victoire finale du Christ (à l’avenir).

Quelques explications

4,16
Paul oppose à notre être extérieur, qui se dégrade, notre être intérieur, qui se renouvelle. De quoi s’agit-il ? Ce ne sont pas seulement nos capacités physiques qui se détruisent, mais également nos fonctions psychiques, à cause de la maladie ou de l’âge. Paul parle donc ici du centre le plus profond, les plus intime de la personne, que le N.T. appelle parfois « cœur » ou esprit ».
4,17
le verbe « produire » ne doit pas être mal compris. Paul s’adresse à des chrétiens persécutés, leur assurant que leurs souffrances ne sont pas vaines.
5, 1
« céleste » : se réfère à la réalité telle que Dieu la voit, le lieu de sa présence.
Jean 14, 2
« Je vais vous préparer une place »
5,3
être trouvé « nu », c’est être dépouillé de son corps actuel sans avoir encore reçu le corps nouveau par la résurrection. Paul souhaiterait être parmi ceux qui seront vivants à l’avènement du Seigneur et qui ressusciteront sans passer par le trépas (1Th 4,17).

Questions pour les groupes

  1. Comment, concrètement, regarder non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible ? En quoi cela est-il difficile dans la société actuelle ?
  2. Qu’en est-il de mon regard sur l’autre : ne vois-je en lui que son être extérieur ?
  3. Percevez-vous votre corps comme un obstacle, si oui à quoi ? Le percevez-vous comme un fardeau ? Avez-vous déjà, comme Paul, eu ce désir de le quitter pour être près du Seigneur ?
  4. Quand habiterons-nous dans la demeure céleste préparée par Dieu pour nous ?

Echos des groupes et conclusion

  • Notre foi, invisible, doit se manifester par un comportement d’amour qui l’atteste.
  • Il faut voir son prochain à travers Jésus ; et percevoir en lui des possibilités non encore « visibles ».
  • En général, le corps est peu ressenti comme un obstacle ; on aimerait surtout être débarrassé de l’emprise de ce monde corrompu sur nos pensées et nos actions.
  • Nous entrerons dans la demeure céleste immédiatement après notre mort : c’est confirmé par (Lc 23,43) – « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » ; et par (Ph 1,21-24).

La situation de l’homme dans l’état intermédiaire reste mystérieuse. Qu’est ce corps que l’homme laisse derrière lui quand il meurt ? Comment est-il possible que d’autres facultés (comme la pensée, la foi) continuent à s’exercer dans une autre dimension de la réalité (au « ciel ») ? De telles questions resteront certainement sans réponse de ce côté-ci du voile et nous rappellent les limites auxquelles se heurte notre raison quand elle veut saisir l’état intermédiaire… Le modèle de l’être humain comme multidimensionnel <= ayant d’autres dimensions que son corps et ses facultés repérables> nous permet pourtant d’être assurés du fait que l’état intermédiaire n’est pas une doctrine irrationnelle, dont on ne pourrait rien dire. JAEGER, L’âme et le cerveau (Excelsis, 2009)